D'origine chaouie du village de Djellal par son père qui était le muezzin de la Grande Mosquée d'Alger, le chaâbi de Dahmane El Harrachi est puisé du vécu de la société à l'image du barde Sidi Kaddour El Alami. Sa voix rocailleuse est chantée avec justesse se prête très bien à son répertoire brossant les thèmes de la nostalgie du pays par la diaspora, les souffrances de l'exil, l'amour du pays et la passion pour sa ville natale. Dahmane El Harrachi émigre en 1949 en France qui lui inspire un grand nombre de ses chansons nostalgiques de son répertoire comme Bahdja beidha mat'houl (ce qui signifie : Bahdjja la blanche qui ne se fane jamais).
Le Certificat d'études en poche, il se fait cordonnier puis receveur de tramway sur la ligne reliant El-Harrach à Bab_El-Oued. Il intègre parallèlement une troupe d'amateurs qui se produit un peu partout dans le pays. En 1949, il se rend en France et s'installe à Lille, puis à Marseille et enfin Paris, ville qu'il ne quittera pratiquement plus, se produisant le plus souvent dans les cafés. Découvert sur le tard par la nouvelle génération. Dahmane El Harrachi a eu droit à sa première vraie scène lors du Festival de la Musique maghrébine qui s'est tenu à la fin des années 70 à La Villette. Quant à l'Algérie, terre qu'il n'a jamais cessé d'évoquer à sa façon joliment imagée, il n'y fera deux apparitions avant de connaître une fin tragique dans sa capitale : il décède le 31 août 1980 d'un accident de la circulation sur la corniche algéroise.
